VOIR JOSÉ GAUDET EN SPECTACLE : UNE BOUFFÉE DE BONHEUR QUI FAIT UN BIEN FOU
Dernière mise à jour : 23 oct.
J'ai toujours eu un faible pour José Gaudet. J'ai suivi de près les années où il faisait les beaux jours des Grandes Gueules avec son fidèle complice Mario Tessier, et je dois avouer que leur séparation m'avait sincèrement attristé. C'est donc avec beaucoup d'attentes que je suis allé découvrir son tout premier one-man-show, Y'était temps ! Et je suis ressorti de la salle avec un immense sourire.
Par Gaëtan Vaudry
Fort de plus de 30 ans de métier, José livre un spectacle remarquablement bien construit, au rythme soutenu et sans temps mort. Dès les premières minutes, il nous attrape avec son irrésistible bouille, son énergie contagieuse et cette façon bien à lui de raconter les petites et grandes absurdités de la vie. Pendant près de deux heures, les éclats de rire se succèdent sans relâche dans une salle complètement conquise.

Les petits malheurs qui viennent avec la cinquantaine
Il nous entraîne dans son univers en abordant, avec une autodérision désarmante, son père complètement obsédé par Patrice L'Écuyer et les potins du milieu artistique, les interventions esthétiques, sa greffe de cheveux, les petits malheurs qui viennent avec la cinquantaine et les surprises que le corps nous réserve. L'une de ses répliques a d'ailleurs fait exploser la salle : « Moi, depuis que j'ai 50 ans, je me désintègre... Tantôt, je n'ai pas fait un sound check, j'ai fait une sieste ! »
Impossible également de passer sous silence les nombreuses flèches qu'il décoche, avec beaucoup d'affection, à son ancien partenaire Mario Tessier. Chaque allusion provoque une véritable vague de rires, au plus grand bonheur des spectateurs.
Au-delà des gags, ce qui rend José Gaudet aussi attachant, c'est son incroyable talent pour transformer les petits riens du quotidien en moments de pur bonheur. Il possède cette capacité rare de nous faire rire de nous-mêmes tout en nous rappelant que la vie n'est jamais bien loin de la comédie. Il revient aussi sur plusieurs épisodes marquants de sa carrière avec une franchise et un sens du récit qui font mouche à chaque fois.
Puis arrive LE moment que tout le monde espérait.
Après une courte pause pour prendre une gorgée d'eau, José revient sur scène en lançant simplement : « Coucou... c'est moi Enrique ! » Instantanément, le Théâtre Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse éclate. Les applaudissements couvrent presque sa voix. Devant une telle réaction, il pousse le plaisir encore plus loin en ressuscitant également Jean Charest et José Théodore. Pendant quelques minutes, on replonge avec bonheur dans l'univers des Grandes Gueules. Un magnifique voyage dans le temps qui fait chaud au cœur.
Personne n'y échappera
Comme si ce n'était pas suffisant, José nous réservait une autre surprise. À l'instar de Billy Tellier quelques jours auparavant sur cette même scène, il nous a offert, en exclusivité, le texte qu'il présentera lors du Roast de Mathieu Dufour, le 1er août prochain, dans le cadre du Festival Juste pour rire. Une chose est certaine : José est solide. Son humour est mordant, ses attaques sont précises et personne n'y échappera.
Après le spectacle, en coulisses, José m'a confié qu'il peaufinait encore quelques détails de ce numéro, surtout s'il veut être à la hauteur de Billy Tellier, qu'il considère comme une véritable référence dans l'art du roast.
L'aventure du Tricheur
Il m'a également avoué avoir un pincement au cœur à l'idée de mettre fin à la tournée de Y'était temps ! : « Je l'aime encore, ce spectacle. J'ai encore bien des choses à dire », m'a-t-il lancé.

« Mais la réalité le rattrape. Avec les enregistrements du Tricheur, son horaire est devenu infernal. Tu imagines, Gaëtan... cette émission-là, c'est 175 émissions par année. Quand tu ajoutes autant de costumes et toute la préparation, ça représente une énorme charge de travail. »
Il ne reste maintenant qu'une dizaine de représentations à cette première tournée, qui a attiré plus de 50 000 spectateurs. Elle reprendra le 12 septembre au Vieux Clocher de Magog avant de s'arrêter notamment à la Salle Albert-Rousseau de Québec le 31 octobre, au Cabaret du Casino de Montréal le 13 novembre, puis de tirer officiellement sa révérence le 21 décembre au Théâtre Manuvie de Brossard.
Je vous le dis sans hésiter : j'ai adoré ce spectacle. J'ai ri du début à la fin, souvent très fort. José Gaudet possède aujourd'hui toute l'assurance des grands humoristes, mais il a surtout conservé cette authenticité qui le rend si profondément attachant. On ressort de la salle le cœur léger, le sourire aux lèvres et avec l'impression d'avoir passé la soirée en compagnie d'un vieil ami.
Et franchement... dans le monde dans lequel nous vivons, ça n'a pas de prix.
Site officiel et billets : ICI
Photos : © Gaëtan Vaudry, pour Flash Vedettes.





