JE ME SOUVIENS DE SERGE CHRISTIAENSSENS
Dernière mise à jour : 23 oct.
Il y a des artistes que l’on admire. Et puis, il y a ceux qui entrent dans notre vie et qui deviennent des amis.
Pour moi, Serge Christiaenssens était de ceux-là.
Par Gaëtan Vaudry
Nous nous étions connus au théâtre, notamment autour de cette fameuse « Technique Labrèche », que nous avions tous les deux étudiée. J’ai eu le bonheur de voir Serge sur scène à maintes reprises et, chaque fois, je retrouvais ce que je respectais profondément chez lui : le comédien, bien sûr, mais surtout l’homme.
Un homme sympathique, généreux et profondément attachant.

Le fameux Bedeau Bronsard
Serge aura d’ailleurs consacré une grande partie de sa vie au théâtre, notamment pendant plus de vingt ans auprès du grand Gilles Latulippe. Une formidable école où il a pu démontrer tout son talent et son remarquable sens du jeu.
À la télévision, il aura marqué plusieurs générations. On se souvient de lui dans Entre chien et loup, où il incarnait Bedeau Bronsard, mais aussi dans Les Filles de Caleb, Lance et compte, Les grands procès, Tribu.com et plusieurs autres productions.

Le réparateur Maytag
Il a également fait quelques apparitions remarquées au cinéma, notamment dans La Grande Séduction, La Veuve de Saint-Pierre, Le Chacal et Mouvements du désir.
Et comment oublier Monsieur Maytag ? Pendant plusieurs années, Serge a été le visage de la célèbre marque dans de nombreux commerciaux. À tel point qu’encore aujourd’hui, son nom fait immédiatement surgir ce personnage dans la mémoire de bien des Québécois.

Mon anecdote avec Serge avec Christiaenssens
Mais il y a un souvenir de Serge qui, pour moi, vaut tous les rôles du monde. Serge était aussi un grand peintre. Et un jour, il a réalisé une toile pour ma mère. On y voit le moi de 1992 tenant dans ses bras le petit garçon de cinq ou six ans que j’avais été. Cette toile est magnifique.
Cette toile me bouleverse encore aujourd’hui. Il avait réussi à mettre sur une toile quelque chose qui dépasse largement la peinture : un dialogue entre deux époques de ma vie. Un adulte qui regarde l’enfant qu’il a été. Une rencontre entre le passé et le présent.
Elle orne encore l’un des murs chez ma maman. Chaque fois que je la regarde, je pense à Serge.
J’ai perdu un ami
Je pense à son talent, à notre amitié, à l’homme que j’ai eu la chance de connaître.
Parce qu’au fond, c’est peut-être ça, le plus beau cadeau qu’un artiste puisse laisser derrière lui : une œuvre qui continue de vivre… et qui fait revivre ceux qu’on a aimés.
En 2011, le Québec a perdu un sympathique et talentueux comédien. Moi, j’ai perdu un ami.
Mais Serge est toujours là. Sur une toile, quelque part chez ma maman. Dans mes souvenirs... Et dans mon cœur.




