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JE ME SOUVIENS DE RICHARD GARNEAU

16 juil.
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 oct.

C'est très rare que cela m'arrive. Mais au moment d'écrire ce nouveau volet de ma série Je me souviens de, les larmes coulent sur mes joues. Il y a quelque chose de profondément intime dans ce texte. Je vous en reparlerai un peu plus loin.


Richard Garneau. Ce grand homme n'était pas seulement une voix sportive. Il était une voix qui faisait partie de la vie des Québécois. Il possédait cette rare capacité de raconter un événement sans jamais voler la vedette à l'événement lui-même. Il savait créer l'émotion avec justesse, que ce soit lors des Jeux olympiques, du Tour de France ou d'une simple soirée de hockey.



Une voix qui inspirait confiance


Quand je pense à Richard Garneau, je pense d'abord à sa voix. Une voix rassurante, reconnaissable entre toutes. Une voix qui inspirait confiance. Et que dire de son élégance? Jamais dans l'excès. Toujours dans la précision. Toujours dans le respect des athlètes, du sport… et des téléspectateurs.


Je pourrais vous parler pendant des heures de la carrière de cet illustre journaliste et commentateur sportif. Mais, pour une rare fois, j'aimerais laisser parler les chiffres...


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Richard Garneau, c'est :


  • 60 ans de carrière dans les médias;

  • 33 ans à Radio-Canada, de 1957 à 1990;

  • 23 Jeux olympiques couverts, un record mondial pour un journaliste sportif;

  • 23 saisons à la barre de La Soirée du hockey, de 1967 à 1990;

  • 7 Jeux du Commonwealth décrits au micro;

  • 4 Jeux panaméricains couverts;

  • Des dizaines de Tours de France, de tournois de Wimbledon, de Jeux du Québec et de Jeux du Canada;

  • 5 livres publiés;

  • 5 prix Gémeaux;

  • Le prix Foster Hewitt et son entrée au Temple de la renommée du hockey en 1999;

  • Le titre de chevalier de l'Ordre national du Québec en 2000;

  • Son admission à l'Ordre du Canada en 2005;

  • La médaille Pierre-de-Coubertin du Comité international olympique en 2014.


Ces chiffres donnent le vertige. Ils racontent une carrière hors norme. Mais ils ne disent pas tout.


Ils ne disent rien de l'homme.


Véritable passionné ce Richard Garneau (1930-2013)
Véritable passionné ce Richard Garneau (1930-2013)

Mon anecdote avec Richard Garneau


Vous me connaissez. J'ai moi aussi un souvenir précieux de Richard Garneau.


Je n'oublierai jamais ce jour où, alors que j'étais en secondaire 2 ou 3, il m'a accueilli à Radio-Canada pour une entrevue étudiante. Malgré son horaire chargé, il m'a reçu avec une générosité désarmante.


C'était un cadeau inestimable


Après notre rencontre, il a demandé à son équipe de me faire visiter les studios, les décors et même les ateliers de costumes. Pour lui, ce n'était peut-être qu'un simple geste. Pour le jeune passionné que j'étais, c'était un cadeau inestimable.

Sans le savoir, Richard Garneau venait d'encourager un rêve.


Un rêve qui ne m'a jamais quitté.


J'ai toujours rêvé de devenir Richard Garneau. Je crois qu'au fond de moi, je le rêve encore.


Entouré de René Lecavalier et du légendaire Guy Lafleur.
Entouré de René Lecavalier et du légendaire Guy Lafleur.

Prendre enfin le temps de lui dire merci


Aujourd'hui, des décennies plus tard, le jeune garçon qu'il avait accueilli avec tant de bonté prend enfin le temps de lui dire merci.


Merci d'avoir ouvert la porte de votre univers à un adolescent qui osait rêver.


Merci de m'avoir appris qu'on pouvait informer avec intelligence, raconter avec élégance et réussir sans jamais perdre son humanité.


Vous ne m'avez peut-être jamais revu. Mais sachez que je ne vous ai jamais oublié.


Et chaque fois que je prends un micro ou que je m'assois devant une page blanche, il y a encore une petite partie du jeune garçon que vous avez accueilli ce jour-là à Radio-Canada qui essaie, humblement, d'être digne de celui qu'il admirait tant.


Reposez en paix, M. Garneau.


Votre voix s'est tue.


Mais elle continue de résonner dans le cœur d'un petit garçon qui, grâce à vous, n'a jamais cessé de croire en ses rêves.



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