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L’HUMOUR DE MARIANA MAZZA ME DÉRANGE… MAIS ME FAIT RIRE AUX LARMES !

9 sept.
4 min de lecture

J’ai assisté hier au spectacle Foie gras de Mariana Mazza. Depuis le temps que je voulais enfin la voir sur scène, j’avais bien hâte de découvrir ce que cette humoriste qui n’a peur de rien avait à nous offrir.


Et quelle belle surprise en arrivant au sympathique Théâtre Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse : King Melrose assurait la première partie.


Celui qu’on entend régulièrement sur les ondes de Radio Unicité s’est taillé une place de choix dans la chanson québécoise grâce à son univers pop chaleureux, son énergie contagieuse et ses chansons qui ont su rejoindre le public. Et, pour être bien honnête, même si j’étais impatient de voir apparaître la vedette de la soirée, j’aurais volontiers pris quelques chansons de plus de King Melrose.


Puis, Mariana arrive.


Elle semble déjà épuisée avant même d’avoir prononcé sa première blague. Elle nous raconte son périple depuis Saint-Lambert, sur la Rive-Sud, et ce trafic absolument infernal qui lui faisait craindre de ne même pas arriver à temps pour le début du spectacle. Finalement, plus de peur que de mal. Elle est là. Et elle est prête à nous rentrer dedans.



Pauvre Alexandre Barrette !


Mariana ouvre le spectacle en parlant de son ex-conjoint, l’humoriste Alexandre Barrette. Et disons-le franchement : elle ne lui fait pas exactement un cadeau de séparation !


Dans le style qu’on lui connaît, elle revient sur leurs sept années de relation et ne se gêne surtout pas pour raconter les choses à sa manière. C’est drôle. Très drôle même. Mais parfois, je dois l’avouer, un petit malaise s’installe dans la salle.


Et je crois que c’est précisément ce qu’elle cherche.


Mariana Mazza n’est pas une humoriste qui prend des détours. Elle fonce. Son humour est cru, mordant, sans filtre et parfois franchement salé. Elle aime cette mince ligne qui sépare le rire du malaise et, surtout, elle aime s’y promener allègrement.



Savoir créer parfaitement un malaise


Elle provoque. Elle pousse une blague un peu plus loin. Elle ose là où plusieurs hésiteraient. Puis elle attend la réaction du public.

Et c’est là que Mariana est particulièrement forte : elle sait créer un malaise… avant de nous faire éclater de rire quelques secondes plus tard.


Avec Foie gras, elle aborde des sujets finalement très humains : son enfance, ses relations amoureuses, la maladie, les personnes âgées, mais aussi sa vulnérabilité et ce besoin profondément humain d’être aimée.


Et derrière la femme qui provoque, qui choque parfois et qui ne semble avoir peur de rien, on découvre aussi une Mariana beaucoup plus vulnérable. Une femme qui se questionne, qui doute et qui cherche sa place. Bref, une femme comme nous tous, au fond.


Et pour ça, je lui lève mon chapeau.


Mais voici ce qui me surprend le plus : Est-ce que l’humour extrêmement cru de Mariana Mazza me plaît toujours ? Non.


Je dois être honnête.


Il y a des moments où je me dis : « Ouf… elle est allée là ! »


Et pourtant…


J’ai ri aux larmes.


J’ai ri jusqu’à m’en faire mal aux côtes. À plusieurs reprises. Et c’est probablement ce qui m’a le plus étonné en sortant du théâtre.

Parce que son humour me dérange parfois… mais maudit qu’il me fait rire !


Je ne m’attendais pas à ça.



Suis-je masochiste ?


Je pensais peut-être ressortir du spectacle en me disant que Mariana était trop crue pour moi. Je suis plutôt ressorti en me demandant si, finalement, je n’étais pas un peu masochiste.


Parce qu’il faut bien l’avouer : elle me choque, elle me dérange, elle me met parfois mal à l’aise… et deux secondes plus tard, je suis plié en deux.


Et ça, c’est tout un talent.


Chose certaine, on sent les nombreuses années d’expérience de cette artiste sur scène. Elle n’a pas besoin d’artifices pour remplir l’espace. Le décor est sobre, son costume l’est tout autant. Tout repose sur elle, son texte, son énergie et cette capacité qu’elle possède à nous amener exactement là où elle veut.


Avec Mariana Mazza, c’est un peu à prendre ou à laisser.


Et hier soir, le public du Théâtre Lionel-Groulx a clairement décidé de prendre. Et pas à moitié.


La salle s’est laissée embarquer, provoquer, déranger… et surtout faire rire. Beaucoup rire.



Une très longue tournée


Tout à l’honneur de cette artiste qui, spectacle après spectacle, continue de vendre des billets comme des petits pains chauds.


Sa tournée estivale se terminera demain soir au légendaire Théâtre Le Patriote de Sainte-Agathe. Après quelques jours de repos bien mérités, Mariana reprendra la route dès le 10 septembre au Théâtre de la Ville de Longueuil.



À un rythme effréné


Elle qui souhaitait au départ donner moins de représentations avec cette tournée poursuivra finalement à un rythme effréné jusqu’en mai prochain. Plusieurs rendez-vous sont déjà prévus, notamment à la Salle Albert-Rousseau de Québec le 14 octobre, puis à la Salle Pierre-Mercure de Montréal le 30 octobre.



Site officiel et billets : https://marianamazza.com



Photos : merci à Thomas Chayer.



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