HIER SOIR AU ST-DENIS : IMPOSSIBLE QUE LE GRAND FÉLIX LECLERC N’AIT PAS ÉTÉ AVEC NOUS !
Dernière mise à jour : 21 oct.
C’était soir de grande première au Théâtre St-Denis. Tout Montréal s’était donné rendez-vous sur le tapis rouge de la comédie musicale Félix, je me souviens.
Le projet était aussi excitant qu’audacieux. La vie de ce poète, auteur, romancier et chansonnier est si riche qu’on se demandait comment on allait parvenir à en faire un spectacle à la hauteur de son immense héritage.
Par Gaëtan Vaudry
Une succession de tableaux
Car Félix Leclerc, c’était un pays à lui seul : une voix enracinée dans la terre, une plume qui savait faire parler les silences. Poète de liberté et géant de l’âme québécoise, il n’a pas seulement chanté son peuple : il lui a appris à se reconnaître.

Encore fallait-il trouver la bonne façon de faire revivre ce monstre sacré de notre histoire, de son enfance jusqu’à sa mort, à travers une succession de tableaux.
Et laissez-moi vous dire que le metteur en scène Martin Genest réussit cet exploit haut la main !
L'héritage de notre grand poète
Dès le lever du rideau, alors qu’apparaît l’excellente Kathleen Fortin dans le rôle de Fabiola, la mère de Félix, on comprend que nous allons vivre quelque chose de grandiose.
Tout au long de cette formidable production, Martin Genest nous entraîne dans un voyage scénique où le théâtre, la danse, la musique et la magie visuelle se conjuguent pour faire renaître toute la richesse de l’univers de Félix. Arts du cirque, magie et vidéo viennent enrichir cette proposition foisonnante, qui pose un regard neuf sur le parcours et l’héritage de notre grand poète.

Pas de grandes vedettes
Un pari risqué ? Certainement ! D’autant plus que la production a choisi de miser sur des talents moins connus plutôt que sur les grandes vedettes. Pas d’Isabelle Boulay, de Mario Pelchat ou de Bruno Pelletier, mais une distribution de 20 artistes — comédiens, chanteurs et danseurs — qui réussissent à nous faire vibrer du début à la fin.
Parmi eux, une voix se démarque particulièrement. Une voix puissante qui laisse le public pantois : Klara Martel-Laroche est tout simplement époustouflante ! Même mon complice de spectacles et partenaire d'affaires, Thomas, n’en revient pas. La finaliste de la dernière saison de Quel Talent ! me rappellera toute la soirée pourquoi elle était, et de loin, mon coup de cœur de l’émission !
Il faut également souligner le travail remarquable de Simon Leclerc à la direction musicale. La musique est sublime et accompagne magnifiquement les nombreux tableaux ainsi que les interprétations de cette soirée mémorable.
Du grand Jean Maheu
Même si je connaissais assez bien l’univers de Félix Leclerc, je réalise qu’il me restait encore beaucoup à découvrir : ses aventures dans les radioromans, son travail d’auteur dramatique, son incroyable parcours européen et bien plus encore.

En deuxième partie, le comédien et chanteur Jean Maheu, qui incarne un Félix mature, au sommet de son art et déjà plus grand que nature, vient littéralement voler le spectacle.
Son immense monologue, qui rassemble plusieurs des grandes batailles de Félix, est à couper le souffle. Seul au centre de cette scène magnifique, il nous donne des frissons et parvient même à faire couler quelques larmes.
Même Thomas n’y échappe pas ! Lui qui m’affirmera après le spectacle ne jamais pleurer avait pourtant les yeux pleins d’eau devant tant de splendeur !
Le clin d'œil de Pierre Curzi
Car Félix était profondément patriote, et son amour du Québec allait bien au-delà de la simple fierté nationale. Jean Maheu nous fait revivre cette ferveur avec une intensité remarquable.

À tel point qu’à la sortie de cette salle mythique de la rue Saint-Denis, le comédien Pierre Curzi, ancien président de l’Union des artistes, vient me glisser, avec un petit sourire en coin : « Une impression de déjà-vu, n’est-ce pas ? »
Celui qui a été député péquiste de 2007 à 2012 ne parlait évidemment pas de la production, mais bien du mouvement souverainiste, dont Félix fut, à sa manière, l’un des grands précurseurs.
Nous sentions sa présence
Pour revenir à Jean Maheu, il m’a littéralement renversé. Grâce à son interprétation, la présence de Félix traverse tout le spectacle comme une lumière intemporelle, faisant le pont entre son héritage et le monde d’aujourd’hui.
Et à bien y penser, impossible que Félix n’ait pas été là avec nous hier soir. Nous sentions sa présence.
Montréal et Québec
Les représentations de Félix, je me souviens se poursuivent jusqu’au 25 octobre au Théâtre St-Denis. La troupe prendra ensuite la direction du Théâtre Capitole de Québec, où elle sera en spectacle du 31 octobre au 15 novembre.

Ne ratez pas cette occasion de revivre les grands moments de la vie de l’un des plus grands artistes de notre histoire. Vous en ressortirez profondément touchés.
Un héritage pour les jeunes générations
Et si cette magnifique aventure donnait envie au tandem Martin Genest-Simon Leclerc de récidiver avec des productions consacrées à Gilles Vigneault, Yvon Deschamps, Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillée ou d’autres géants de notre culture ?
Quel héritage ce serait pour les jeunes générations ! Celui de découvrir nos grands créateurs, de comprendre d’où nous venons et de mesurer toute la richesse de notre mémoire collective.
Hier soir, au Théâtre St-Denis, Félix Leclerc n’était pas qu’un souvenir. Il était vivant, vibrant, parmi nous. Et quel bonheur de l’avoir retrouvé !
Site officiel et billets : ICI
Photos : © Thomas Chayer pour Flash Vedettes.





