DÉCÈS DE JEAN-LUC MONGRAIN : MAIS POURQUOI AI-JE PLEURÉ ?
Dernière mise à jour : 21 oct.
Je terminais mon quart de jour lorsque j’ai appris la triste nouvelle. Depuis, je suis encore sous le choc.
Le grand journaliste et animateur Jean-Luc Mongrain nous a quittés. Il n’avait que 75 ans. Selon La Presse, celui qui a remporté 18 trophées Artis au cours de sa carrière serait décédé des suites de complications liées à un cancer.
Par Gaëtan Vaudry
Un grand homme nous a quittés
Tout le Québec semble en état de choc. On m’écrit de partout. Les hommages fusent de toutes parts. Un grand homme nous a quittés et, soudainement, nous avons tous un peu le sentiment d’être orphelins.
De retour à la maison, je commence à lire sur l’impressionnante carrière de ce grand communicateur. Je suis encore plus admiratif. Originaire de Sherbrooke, il aura marqué le paysage télévisuel québécois, notamment à TVA, de 1984 à 1996, en animant brillamment les émissions d’affaires publiques Mongrain de sel et L’heure juste.
Quelques larmes
Mais en parcourant les nombreux hommages, je me surprends à verser quelques larmes.
Ben voyons ! Pourquoi pleurer un homme que je n’ai rencontré qu’à deux ou trois reprises dans ma vie ?
C’est là que je réalise ce que Jean-Luc Mongrain a véritablement représenté pour moi.
L’un des plus grands vulgarisateurs
Parce qu’il n’aura jamais été un simple journaliste. Il aura été l’un des plus grands vulgarisateurs de l’histoire du Québec, un communicateur exceptionnel qui savait rendre l’actualité accessible, vivante et profondément humaine.
Lorsqu’il a pris les commandes du Grand Journal de TQS, de 1999 à 2008, il ne faisait pas que présenter les nouvelles : il les incarnait. Avec sa fougue, ses coups de gueule, ses émotions et son franc-parler, il transformait l’information en un rendez-vous vibrant, authentique et résolument québécois.
Je ne pourrai plus entendre sa voix
Tous les soirs, il entrait dans nos maisons avec la volonté de nous informer, bien sûr, mais aussi de nous faire réfléchir, de nous interpeller et de nous faire réagir. Il ne voulait pas simplement nous raconter l’actualité. Il voulait nous la faire vivre.
Et c’est précisément là que se trouve ma peine.
Je réalise que je ne pourrai plus jamais retrouver ce rendez-vous avec cet homme qui, soir après soir, m’aidait à mieux comprendre le monde dans lequel je vivais. Je ne pourrai plus entendre sa voix, sentir sa passion ni être emporté par cette façon bien à lui de nous faire vivre l’actualité.
Et surtout, je n’aurai jamais eu l’occasion de lui dire à quel point il a compté dans ma vie.
Voilà pourquoi j’ai pleuré.
Merci d’avoir fait de l’information bien plus qu’un métier
Parce que certains êtres marquent nos vies sans même nous connaître. Parce qu’à force de les retrouver dans notre quotidien, ils finissent par faire partie de notre histoire. Et parce qu’au moment de leur départ, on mesure tout ce qu’ils nous ont apporté, parfois
sans même en avoir pleinement conscience.
Jean-Luc Mongrain, merci pour ces années à nous informer, à nous secouer et à nous faire réfléchir. Merci d’avoir fait de l’information bien plus qu’un métier : une véritable rencontre avec le Québec et avec ceux qui l’habitent.
Une voix familière qui aura marqué ma vie
Mes plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches ainsi qu’à tous ceux et celles qui, comme moi, ont le cœur lourd aujourd’hui.
Le Québec perd un grand journaliste. Pour ma part, je perds une voix familière qui aura marqué ma vie.





